Voix de Ville

L’ensemble Voix de Ville, créé et placé sous la direction de Franck Jubeau, est né de la rencontre de musiciens navigant dans des univers musicaux très divers (musiques baroques, classiques, romantiques, traditionnelles, jazz, musiques de film, samba..) et tous passionnés par les musiques anciennes. Ils se nourrissent de leurs expériences personnelles pour les mettre au service de la musique vocale de la fin de la Renaissance et du début du siècle — période à laquelle on goûtait particulièrement les voix.

Si une partie des projets de Voix de Ville est dédiée à la musique vocale a capella, l’ensemble s’étoffe volontiers en s’accompagnant d’instruments en usage à cette époque : cornets à bouquin, luth, flûtes à bec, violes de gambe, clavecin, etc.

Les musiciens (tous chanteurs) collaborent régulièrement à l’intégrale des messes de Lassus, au sein de l’ensemble Ghizzolo, à Notre Dame La Grande de Poitiers. Depuis 2011, l’ensemble se produit chaque année dans le cadre du festival Musique & Passion qui a lieu au moment de Pâques à Poitiers.

photos de Marc Taillebois
photos de Marc Taillebois, 16 novembre 2014

Si vous êtes intéressés pour programmer l’ensemble Voix de Ville en 2015, voici les informations sur le spectacle Amour, Gloire et Bataille ainsi qu’un extrait sonore (montage sonore réalisé par Augusto De Alencar) :

Dossier Amour, Gloire et Bataille

 

Musique&Passion 2014
Musique&Passion 2014
Saint Malo 2009
Saint Malo 2009
Novembre 2013
Novembre 2013
Août 2008
Août 2008
Musique&Passion 2014
Musique&Passion 2014
Crédit photo : Marc Taillebois
Musique&Passion 2015

Franck Jubeau

Après des études de trompette, Franck Jubeau découvre le cornet à bouquin, instrument auquel il se consacre entièrement en l’étudiant dans la classe de Jean Tubéry et Serge Delmas au CNR de Paris.

Régulièrement invité à jouer au sein d’ensembles vocaux spécialisés dans la musique ancienne (Arcante, Sagittarius etc.), il est le fondateur de l’ensemble Voix de Ville, spécialisé dans la musique vocale de la Renaissance et cofondateur de l’ensemble Les Ombres Errantes avec Jean Miguel Aristizabal et Emmanuelle Huteau.

Parallèlement, il poursuit des recherches universitaires sur la danse à la Renaissance, pratique à laquelle il se consacre également en animant des bals ou divers projets pédagogiques.

Il est aussi le chef de l’ensemble Ghizzolo qui a entamé l’intégrale des messes de Roland de Lassus chaque mois à Poitiers à l’église Notre-Dame-La-Grande depuis janvier 2008.

Titulaire du Diplôme d’Etat de professeur de formation musicale, il enseigne au CRD de Châtellerault.

PROGRAMMES


Amour, Gloire et Bataille

(2015)

 

 

Voix de ville - Crédit Photo : Marc Taillebois
Voix de ville – Crédit Photo : Marc Taillebois

La bataille de Marignan et François Premier sont à l’honneur dans ce programme, donné pour la première fois le 29 avril 2015 dans le cadre de la cinquième édition du festival Musique&Passion.

Crédit photo : Marc Taillebois

Crédit photo : Marc Taillebois
Crédit photo : Marc Taillebois

 

 

 

 

 

La bataille de Marignan (Marignano en Italie, aujourd’hui Melegnano, au sud-est de Milan) eut lieu les 13 et 14 septembre 1515 et opposa François Ier de France et ses alliés vénitiens aux mercenaires Suisses qui défendaient le duché de Milan.

            L’année 1515 fût l’une des plus importantes pour François Ier : accession au trône, sacre, naissance de sa fille Louise et victoire de Marignan. Si les trois premiers événements furent relatés dès le début de son règne, la victoire de Marignan ne ressort qu’en 1525 après la défaite de Pavie. Il convient alors de redorer le blason du roi François, que cette défaite a gravement terni (le roi est blessé et fait prisonnier) : le récit de Marignan à cette époque démontre que le souverain est toujours capable de créer l’exploit, bien qu’il ait connu un sérieux revers à Pavie.

            Prince des lettres et des arts, François Ier surprend par sa verve poétique. Amoureux passionné, il nous a laissé des lettres adressées à ses maîtresses et un grand nombre de poèmes, chansons et rondeaux traitant de sujets amoureux. Une vingtaine d’entre eux furent mis en musique par les grands compositeurs de son temps, à l’instar de Claudin de Sermisy ou Clément Janequin. Ces chansons permirent à leurs compositeurs de s’attirer habilement les faveurs du Roi et reflètent aujourd’hui la chanson polyphonique parisienne du début du seizième siècle.

Crédit photo : Marc Taillebois
Crédit photo : Marc Taillebois

            Au moment de son couronnement, François Ier n’a que 19 ans et n’est pas un descendant direct de Louis XII. Le jeune roi a besoin d’un exploit, d’un haut fait d’arme, pour asseoir son pouvoir. Antoine de Longueval est alors maître de chapelle du roi et il ne reste de lui que deux motets dont ce Benedicite Deum Caeli. Laissant la régence à sa mère Louise de Savoie, il part reconquérir le duché de Milan. Le 13 septembre 1515, les Suisses viennent aux devants de l’armée française pour l’affronter dans les environs du petit village de Marignan, à une quinzaine de kilomètres de Milan. La bataille fait rage jusqu’à la tombée de la nuit, sans permettre de donner l’avantage à l’un des camps. Le 14 septembre, les combats reprennent dès le lever du jour. L’armée française contient avec difficulté les offensives suisses. Vers huit heures du matin, les cavaliers vénitiens arrivent sur le champ de bataille et font pencher la balance en faveur des Français.

Comment évoquer la bataille de Marignan sans penser immédiatement à la chanson de Clément Janequin, Or escoutez gentils Galloys, autrement appelée La Guerre. Parmi toutes les chansons sur cette bataille, elle est la seule à avoir été mise en musique. Parue dans les premières éditions musicales chez Attaingnant en 1528, son timbre deviendra le matériel pour de nombreuses compositions instrumentales et vocales, tant sacrées que profanes, comme la pavane instrumentale sur la bataille, éditée chez Jacques Moderne en 1550. Un peu plus tard en 1532 paraît chez Jacques Moderne un grand livre de messes, où se retrouve la messe La Bataille, attribuée à Clément Janequin. Si les musicologues ne sont pas tous d’accord pour lui attribuer le bénéfice de cette messe, arguant pour certains un principe de vente pour l’éditeur Jacques Moderne, il convient tout de même de remarquer le peu de musique sacrée à son actif. L’histoire peut bien lui en donner finalement le mérite.

Patrick Bouet - Crédit photo : Marc Taillebois
Patrick Bouet – Crédit photo : Marc Taillebois

Crédit photo : Marc Taillebois

  Le 15 septembre 1515, François Ier est fait chevalier par Pierre du Terrail, Seigneur de Bayard, le bon chevalier sans peur et sans reproche. Le motet de Claudin de Sermisy, Michael Archangele, fait référence à Saint Michel, patron du royaume de France et saint protecteur de l’ordre de chevalerie créé par Louis XI, réplique de l’ordre bourguignon de la toison d’or.

            La date en elle-même est tout un symbole. Se déroulant le jour de la Sainte Croix, la victoire indique que Dieu est favorable au nouveau roi de France. L’hymne de Venance Fortunat, évèque de Poitiers Vexilla regis illustre ce jour faste pour le roi. Jean Mouton, figure emblématique de la polyphonie du début du seizième siècle à la cour de France, écrira de son côté le motet Exalta regina Galliae. Il célèbre à la fois la victoire de François Ier, mais aussi la naissance de sa fille Louise De France.

            Suite à cette bataille, les Suisses signent le traité de Genève. Dorénavant les mercenaires suisses serviront la couronne de France. Le traité reste en vigueur jusqu’à la chute de la monarchie en 1792. La paix perpétuelle de Fribourg, signée en 1516, constitue le socle de la diplomatie suisse encore de nos jours. La bataille de Marignan constitue la dernière grande bataille des Suisses, qui entrent ensuite dans une position de neutralité. En décembre 1515, Jean Mouton fait exécuter son motet Exultet conjubilando, lors de l’entrevue entre le pape Leon X et le roi François Ier.

Récitant : Patrick Bouet

Sopranos : Manon Cabaret, Caroline Pintoux, Emmanuelle Huteau

Altos : Françoise Bourgoin, Françoise Rocher

Tenors : Franck Jubeau, Marc Lemonnier, Nicolas Michenaud,

Basses : Augusto De Alencar, Laurent Simon

Cornet à bouquin : Franck Jubeau ; Sacqueboute : Mathias Currit ; Doulçaines : Emmanuelle Huteau (basse) et Augusto De Alencar (soprano)

 


 

Ut Musica Passionis 

Petite Passion de Dürer en Musique

(2014)

26 avril 2014
26 avril 2014 – Photo : Stefanie Molter

Ut Musica Passionis, où quand l’art musical des franco flamands se conjugue au génie pictural de Dürer pour illustrer les planches de la Petite Passion.

La Petite Passion d’Albrecht Dürer est une série de trente-six xylographies plus un frontispice datée de 1511 représentant des scènes qui se déroulent de la Genèse au Jugement Dernier. La mise en relation d’objets picturaux avec la musique n’est pas un concept nouveau. Pour autant, l’idée de faire coïncider l’art de Dürer avec la musique de son époque n’est pas chose facile. Premièrement parce que les artistes ne travaillaient pas ensemble autour d’un même projet alliant musique et peinture. Deuxièmement, la musique sacrée composée à cette époque était le plus souvent au service de la liturgie tandis que les œuvres picturales pouvaient adopter un thème sacré en marge des textes liturgiques. Par exemple la Genèse n’est pas un sujet musical extrêmement utilisé à l’époque de la Renaissance notamment par la génération de Dürer. Pour illustrer ce thème, vous entendrez un motet Creavit Deus de Clemens Non Papa compositeur appartenant à la génération suivante de Dürer.

Photo  : Stefanie Molter
Photo : Stefanie Molter

Pour la création de ce programme nous avons choisi 11 des 36 gravures de Dürer que nous avons mis en regard avec le compositeur le plus emblématique de la génération de Dürer : Josquin Desprez. Ainsi vous entendrez quelques uns de ses motets les plus importants comme son Stabat Mater, joyau de la polyphonie de ce temps comme en atteste un grand nombre de manuscrits et d’imprimés. Ce Stabat Mater composé avec le procédé de l’Ars Combinatoria associe le texte canonique avec la mélodie d’un rondeau de Gilles Binchois Comme Femme Desconfortée. Il représente l’apogée de ce programme et décrit les larmes de la Vierge au pied de la Croix.

Vous entendrez également en plus de Josquin Desprez et Clemens Non Papa, trois autres compositeurs : Ludwig Senfl de nationalité allemande qui est de la même génération que Dürer. Grand représentant de l’école polyphonique allemande, il laisse une œuvre considérable. Nicolas Gombert est un franco-flamand de la même génération que Clemens Non Papa, maître de chapelle de l’empereur Charles Quint. Son motet Media vita servira de base à quelques messes polyphoniques. Loyset Compère, appartient aussi à la première génération des franco-flamands comme Josquin, et son Officium de Cruce fut édité dans les premiers recueils de musique imprimés chez Petrucci en Italie.

Sopranos : Manon Cabaret, Caroline Pintoux, Emmanuelle Huteau

Alto : Françoise Bourgoin,

Tenors : Antoine Hervé, Franck Jubeau, Marc Lemonnier, Nicolas Michenaud,

Basses : Augusto De Alencar, Laurent Simon


 Miserere d’Allegri

Un voyage vers Rome durant la Semaine Sainte

(2013)

Concert Miserere d'Allegri, M&P 2013
Concert Miserere, M&P 2013 – Photo : Stefanie Molter

Le détail du programme autour du Miserere l’Allegri dans un Communiqué novembre 2013 du mois de Novembre 2013. Voici aussi un extrait sonore de ce programme (prise de son et montage : Augusto de Alencar) :